L’impact de la solitude

Article traduit du blog de Mark Sisson Mark’s Daily Apple, avec son aimable autorisation.

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The impact of loneliness

Nous avons presque tous déjà ressenti cela à un moment donné de notre vie, ces jours (ou plus) de déprime où nous avons l’impression d’être à l’écart d’un monde où les autres sont heureux et connectés les uns aux autres. Pour certains d’entre nous, ces petits passages deviennent chroniques, et ils cheminent seuls sur le plan émotionnel de façon continue. La solitude peut s’empirer d’elle-même. Nous sommes seuls, et nous ne savons pas comment arrêter cela. Certains d’entre nous jouissent de la proximité d’une grande famille, d’une relation de couple intacte ou d’amis d’enfance qu’ils connaissent de la maternelle jusqu’à la mort. Cependant, beaucoup d’entre nous sont plus sociables sur Facebook que dans leur salle à manger. Il se peut aussi que notre famille constitue notre noyau solide mais que nous n’ayons pas d’ami proche que l’on pourrait appeler à 2 heures du matin.

Conséquences physiques de la solitude

Les recherches montrent que les conséquences négatives de la solitude vont encore plus loin que la sphère émotionnelle. Des études ont établi un lien entre la solitude, l’isolement social et tout un tas de soucis, allant du cancer aux maladies cardio-vasculaires, en passant par l’inflammation et les dysfonctionnement du système immunitaire.

De plus, la solitude peut nous pousser à développer une réactivité excessive au stress et faire grimper nos niveaux de cortisol ainsi que notre pression sanguine au-delà d’une ligne rouge dangereuse pour la santé. Ces effets négatifs sont équivalents à ceux du tabac en termes de risques de mortalité. Mais avant d’arriver à ce stade, le stress peut être à l’origine de douleurs, de fatigue et de dépression.

Bien que nous pensions plus facilement aux personnes âgée lorsque l’on parle d’isolement, il faut savoir que la période de l’adolescence expose les jeûnes adultes à un plus grand risque de solitude et d’isolement social plus tard. Quel est le pire ? Ceux qui subissent une solitude importante ou chronique au cours des premiers décades de leur vie finissent en bien moins bonne santé mentale et physique. Il y a quelque chose qui ne sonne pas très primal ici…

Pas de solitude chez nos ancêtres

Comme je l’ai déjà dit avant, il y a quelque chose à voir avec le contexte de nos ancêtres. A leur époque, une solitude prolongée était synonyme de mort quasi certaine. Le risque était si élevé qu’ils ont évolué avec des comportements sociaux sophistiqués, afin de rester volontairement entourés de leurs groupes restreints de 20 à 50 personnes. Ils disposaient également d’un cercle plus large comprenant le “voisinage” et la famille étendue, d’environ 150 personnes. C’est ce chiffre que l’on appelle le “Nombre de Dunbar” de la cohésion sociale.

De nos jours, nos vies sociales n’ont quasiment rien à voir avec celles de nos ancêtres. Avec la culture des médias sociaux, nous préférons choisir (et sommes parfois même en compétition) les connexions virtuelles plutôt qu’une intimité réelle (plus bénéfique et stimulante).

Nous avons perdu la préférence (et peut-être aussi la compréhension) de ce qui comble vraiment le vide socialement.

Bien éloignés des conditions de nos ancêtres, je pense souvent que nos baromètres sont déréglés lorsque nous écoutons notre culture plutôt que nos instincts.

Pouvons-nous différencier la solitude de l’isolement, cette expérience vitale et thérapeuthique qui consiste à être entièrement présent pour soi-même ? Avons-nous le même sens collectif de l’échange, des amitiés qui évoluent et qui sont éprouvés par les changements au fil du temps ? Il semble que nous nous installons souvent dans une multitude de relations situationnelles, des liens tissés (et rompus) en fonction du contexte et de nos activités. Mais que nous reste-t-il au final ?

Même si ce point n’a pas beaucoup été étudié directement, je pense que la plupart du temps notre solitude ou notre isolement sont le résultat de notre éloignement du contexte de nos ancêtres et de l’environnement qui va avec.

La solitude réparatrice

La même solitude qui peut être ressentie comme un rouleau compresseur jour après jour dans votre salon peut être ressentie de façon beaucoup plus légère voir pas du tout, au milieu d’une forêt à proximité d’un cours d’eau. Dans la nature, même s’il n’y a pas d’autre être humain à 10 km à la ronde, nous ressentons je pense instinctivement un sentiment rassurant de familiarité. Nous sommes à la maison dans une certaine mesure. Nous sommes aussi en présence de quelque chose de bien plus vaste que notre propre personne. Nous pouvons dire que nous sommes ramenés à notre vraie taille, ce qui peut, à première vue être en encore plus déprimant, mais finalement il s’agit d’une humilité réparatrice. Les dimensions de nos égos modernes peuvent être disproportionnées et devenir un fardeau. Dans certaines situations, un peu de solitude peut permettre d’arrêter de penser qu’il n’y a d’autre réalité que la nôtre.

La solitude qui nous touche tous

Cela dit, il y a des personnes agées qui finissent leurs jours dans des maisons de retraite sans que personne ne leur rende visite et n’ayant que quelques interactions avec leurs co-résidents. Il y a des adolescents qui se sentent bloqués dans une arène sociale à laquelle ils ne pourront jamais réellement s’intégrer et qui ne disposent pas d’un cercle familial ou d’une communauté fonctionnels. Il y a des mères au foyer qui se sentent isolées chez elles bien plus de jours qu’elles ne pourraient en compter car elles ne trouvent pas le moyen de sortir de cette cage de hamster qu’est le maternage et qu’elles n’avaient pas envisagé…

Chacun de nous peut, à un moment donné de sa vie, constater un déracinement, volontaire ou de circonstance et l’amenuisement des liens sociaux causé par diverses situations : décès, divorce, déménagement, ou tout simplement l’oubli. Chaque jour, nous sommes noyés sous les exigences du simple fait de vivre et travailler. Nous ne portons plus d’attention au fait de créer et de maintenir des relations sociales. Et des années plus tard, nous regardons autour de nous et nous nous demandons ce que sont devenues nos amitiés et nos relations avec nos proches. Cette prise de conscience à elle seule peut accentuer le poids de cette solitude et des regrets, sans parler des effets négatifs sur la santé…

Le fait est que nos cercles sociaux modernes sont beaucoup plus décousus que ceux de nos ancêtres. Nous considérons la fragmentation comme étant une condition nécessaire au progrès, à l’ascension professionnelle et à la liberté. Nous avons tous à faire ces choix et il ne s’agit pas de dire si nous avons raison ou tord. Mais il est évident que cela fait du bien de connaitre ses voisins, que ces derniers voient vos enfants grandir et de savoir que vous avez des personnes proches que vous pouvez appeler à 2 heures du matin, en cas de besoin. C’est le fait de connaitre et d’être connu, de nourrir un lien viscéral avec la communauté et les lieux qui y sont liés. Ce que l’auteur Russell Sander défini comme le fait « d’être à sa place”.

Les relations tardives

En dehors des relations communautaires et des engagements sur le long terme, j’ai pu faire l’expérience de la puissance que peut avoir une rencontre avec une personne dont on a l’impression qu’il s’agit d’un membre de notre famille que nous avons égaré depuis longtemps. Les relations peuvent faire irruption et également évoluer. Dans de nouveaux lieux ou dans des circonstances inattendues, des nouveaux liens sociaux précieux et qui changent la vie peuvent se tisser. Certains de mes amis les plus proches aujourd’hui sont des gens que j’ai rencontrés tardivement dans ma vie. Je m’ouvrais à cette époque à une nouvelle vision de ma personne et cela m’a inconsciemment ouvert de nouvelles connexions. Parfois, cela dépend autant du stade dans lequel nous sommes dans notre cheminement personnel que de notre situation géographique.

Crédit photo : Combarnousmathieu

2 commentaires

  • Salam alaykoum, je suis vraiment heureuse de tomber sur ton blog, que d’excellents articles tous p,us intéressants les ùns les autres. Tous les sujets traités me parlent et jé me régale d’en apprendre encore plus. Un immense barakAllahu fik pour tout ce travail et bons vents

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